Pourquoi une société des lecteurs ?

  • Ecrit par bureau
  • 27 September 2006

Libération va mal. Presse gratuite, Internet, nouveaux modes de consommation, récession publicitaire, hausse du prix du papier, diminution du nombre de points de vente… Toute la presse quotidienne est aujourd’hui touchée, mais notre journal –qui ne fait pas partie d’un groupe de presse- plus que les autres. Surtout que nous ne disposons pas d’actionnaires mécènes prêts à remettre de l’argent pour combler nos déficits.
Cela veut-il dire qu’il faut se résoudre à fermer la boutique et considérer que, comme les mines de charbon hier, notre industrie est vouée à disparaître ? D’un strict plan comptable, si Libération ferme, 300 emplois seront supprimés. Pas de quoi mettre à mal le déficit de l’assurance chômage. On versera une petite larme sur nous. Et puis on passera à un autre sujet.
Mais il ne s’agit pas que de nous, et de nos emplois. Modestement, nous pensons que Libération vaut plus que ses salariés. Et que sa fermeture serait avant tout une perte pour le débat public en France et pour l’information des citoyens. D’ailleurs, la crise économique que nous connaissons ne veut pas dire que nous perdons des lecteurs. Avec Internet –et c’est paradoxal-, nous en avons gagné ces dernières années. ! Libération.fr est l’un des sites d’information généraliste les plus consultés sur le web.
Alors, oui, Libération n’a pas été parfait par le passé. Depuis que nous avons alerté nos lecteurs pour la première fois, il y a quinze jours, certains nous ont renvoyé nos « erreurs » : des fautes rédactionnelles, nos prises de positions sur le référendum sur le traité européen (notamment l’éditorial de Serge July), plus généralement une certaine façon de parler de la culture, de l’actualité, notre côté « bobo » et « parisianiste ».
Faut-il alors un journal complètement aseptisé, comme le font les gratuits ? Un copier-coller de dépêches AFP, ce que font certains sites d’information ? Quel progrès pour la démocratie ! Car, il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas dans un univers médiatique contrôlé par quelques riches familles et groupes industriels (Dassault, Bolloré, Lagardère, Bouygues…) que des journalistes pourront révéler des scandales. Et ce n’est pas un vieux gauchiste qui le dit : le constat est tiré d’un récent numéro de The Economist, l’hebdomadaire libéral britannique qui consacrait sa une à la crise de la presse.
Dans ce contexte, nous pensons que Libération a encore son mot à dire. Son indépendance –défendu par un pacte d’actionnaire qui met la rédaction à l’abri des pressions des actionnaires et des annonceurs- n’est pas un vain mot.
Nous aimerions que cette conviction ne soit pas partagée que par nous. D’où cet appel lancé il y a quinze jours. Et l’idée de créer une société des lecteurs. Nous écrivons pour vous, et nous avons besoin de vous. Besoin de vous entendre. Besoin de savoir que nous ne sommes pas seuls à déplorer cette disparition lente, silencieuse, d’une presse libre et indépendante. Au profit d’une presse jetable.
En adhérant en nombre à la société des lecteurs, une association loi 1901, vous montrerez votre force, et par conséquent, la nôtre. Nous savons que certains de nos lecteurs font déjà un effort financier en nous achetant, c’est pourquoi nous avons décidé de fixer l’adhésion à la SLL à 15 euros. Ensuite, libre à vous, selon vos moyens, de verser autant d’argent que vous le voulez. Le statut de membre donateur est attribué à ceux qui versent plus de 150 euros. Les personnes morales (associations, entreprises…) peuvent aussi adhérer à partir de 100 euros.
Comme nos statuts le précisent, l’argent récolté a pour objectif d’assurer l’indépendance éditoriale de Libération et de contribuer à son développement. La solution la plus simple serait ensuite que la SLL devienne actionnaire du journal, via une augmentation de capital. Mais décision ne pourra être prise qu’en accord avec les actionnaires actuels de Libé (Rothschild, Pathé, 3i, la SCPL, Communication & Participations).
Pour les lecteurs qui ont le temps, et l’envie, nous souhaitons aussi qu’ils s’impliquent. Actuellement, l’association est gérée par un bureau provisoire, composé de salariés de Libération. Mais notre objectif est de passer le relais à d’autres adhérents. Dès que la SLL atteindra une taille importante, nous convoquerons une Assemblée générale qui permettra d’ancrer l’association dans le paysage. En attendant, n’hésitez-pas à nous adresser vos suggestions, soutiens ou critiques.

Le bureau de la Société des lecteurs

Olivier Costemalle, président ;
Nicolas Cori, secrétaire général ;
Martine Peigner, trésorière.

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Commentaires

Bonjour,
Quelle galère pour adhérer à la SLL par Internet ! Impossible d’enregistrer une somme de 15,00 euros sur le site de paiement !
Courage à vous tous, j’arriverai bien à vous rejoindre quand même,
Cordialement,
Michel Azim

Je souhaite souscrire à la socité des lecteurs. Modestement
Yan Maury

Je souhaite vous soutenir dans le cadre de votre association “Société des lecteurs de Libération.
Cette démarche est à mon avis très importante pour la liberté de la presse et l’avenir de notre pays.
Sylvie Courtois

Décidément,
Rien à faire avec votre site Internet pour régler la SLL ! Je vous envoie un chèque.
Au passage : était-il indispensable de présenter votre site à moitié en anglais ?J’aime Libé que je lis tous les jours depuis 22 ans, c’est dire que je l’apprécie et ne saurais m’en passer ; mais s’il y a une chose qui m’énerve chez nos amis journalistes, c’est l’emploi stupide et inutile d’anglicismes du genre “un tel a fait son coming out”.Il y en a des dizaines ; croyez-vous que cela apporte vraiment quelque chose, et soit signe de “modernité” ?
Cordialement,
Michel Azim

Ca y est. Mon devoir de Libétoyen est fait. Ca a marché nickel via paypal. (pour M. Azimzadeh, j’étais déjà enregistré chez paypal).

Bon courage à Libé.

Saaalut,

Bon, ben le paiement en ligne, je suis un âââne cause que j’y arrive pôs.

En même temps, je vais attendre de voir ce que M. Rotchild compte faire de ses millions à lui.

Je vous soutiens donc pour l’instant on va dire moralement.

Coup rage.

Inscrit ce matin sans problème!
J’ai 26 ans, ça fait presque 10 ans que je lis Libé et je ne veux surtout pas que ce “Monument” disparaisse !

Longue vie à Libération
Il est temps de lutter pour la survie d’une presse plus indépendante. Libération ne doit pas disparaître…
Plus égoistement, je veux continuer à pouvoir déguster ma bière et mon jambon beurre en souriant à la lecture des jeux de mots de Libé !
Hervé

J’achetais Libé tous les jours dans les années 1970 puis j’ai arrêté net quand les pages cultures sont devenues la chasse gardée d’une poignée de journalistes qui se faisaient plaisir entre eux. Je ne connais pas de journal moins ouvert que Libé, sorte de secte d’un goût branché sans saveur.

J’adhère à la sociéte des lecteurs de Libération, mais j’en démissionnerai immédiatement si vous vous choisissez/laissez imposer ce pisse-froid mégalo et absolument dépourvu d’humour qu’est Edwy Plenel.
Jacques Valiergue

Ca fait vingt ans et quelques brouettes que j’achète Libé (presque régulièrement). Enfin quand je le trouve car je n’ai jamais compris cette politique qui consistait à restreindre le nombre d’exemplaires mis à la vente.
J’ai donc adhérer pour pouvoir continuer à le lire le midi en buvant mon café.

Salut Libé,
les Français sont déjà des moutons, alors si 15 euros ça peut contribuer à ce qu’ils ne deviennent pas des ânes… À quand des campagnes de pub et des interventions dans les écoles, par ex., pour inciter les jeunes à lire la presse? Au fait, Libé, ne négligez pas la rubrique Étranger, svp, ben oui, c’est ma préférée! Et surtout, ne vous alignez pas sur les infos retenues par la télé!!!
Longue vie à Libé, même quand des fois il est pas épais, et amitiés à tous les amateurs de café-croissant-canard.
Philippe Joubert

D’accord, je vais typer my required comment: ( je vous laisse le soin de comprendre l’ironie qu’il y a dans ce bout de franglais.)
Comme sur cette page internet ou je trouve ridicule votre utilisation de la langue de Shak…. le contenu de votre journal n’est pas 100% à mon gout.
Disons 80% et je m’en satisfais.
J’adhère donc sans hésitation à l’association des lecteurs avec mes modestes moyens. La disparition d’un tel journal serais pour moi et “les autres” un chagrin inconsolable du niveau de celui qu’ont provoqué les 17% de Jean Marie en 2002.
Inchalla, et bon courage.

sieger au bureau de la societe des lecteurs dans un proche avenir pourquoi pas?j habite marseille donc ce detail a son importance.

Bien que n’ayant plus jamais eu droit ni à un article ni même aux seules annonces de mes concerts depuis un certain nombre d’années (c’est vrai que je ne suis plus parisien, que je suis moins jeune, que je reste en dehors des modes…) je ne peux me résoudre à la disparition d’un quotidien qui malgré ça ou certaines de ses prises de position (le oui à la constitution européenne, par exemple)contribue plus que d’autres à un débat démocratique sans tabous.
Je souhaite donc adhérer à la société des lecteurs
Longue vie à Libération !
Bruno Tocanne
musicien jazz - musiques improvisées
(trio résistances)

L’Humanité ne fait aucunement partie d’un groupe de presse et n’a jamais reçu d’investissement de 20 millons d’euros …L’Huma reste fidèle à la gauche..Depuis 4 ans elle gagne des lecteurs…

Libé ? Mais ce n’est plus vraiment, à part sur des questions sociétales un journal de gauche…

Une analyse “autiste” sur les problèmes liés à Libération. En effet, tous les problèmes listés sont TOUS des problèmes extérieurs à Libération ! A croire que Libération et les journalistes qui y travaillent sont tous “parfaits” et n’ont RIEN à se reprocher dans le déclin de Libération ! Je croyais que lorsqu’on rencontrait un problème l’on devait essayer d’abord de se poser les questions qui nous concernent avant de vouloir essayer de changer “l’autre” !

Type your comment here.

Bonjour,

Petit exercice mathématique. Nous étions hier à 387 adhérents et aujourd’hui à 579. Si l’on double chaque jour le nombre d’adhérents, on arrivera à sauver Libération.

Cordialement.

Patrickl Lemaire

Bonjour,

Je souhaite adhérer. Comment faire ce site ne fonctionne pas. Allez-vous nous avertir pour l’Assemblée Générale constitutive ?

Courage

Bonjour,

courage libé je suis avec vous…mais une autocritiaue et necessaire!

Manuel SIERRA

Je vous souhaite bcp de courage. Soyez solidaire.
La France a besoin de journaux comme Libé, indépendant, différent apportant un autre regard sur l’actualité et sur le monde.

L’avenir réside dans votre capacité à apporter un regard critique sur le monde et de proposer des analyses décalées et plus profondes que ce que nous trouvons sur internet ! Arretez l’évènementiel, travaillez le fond.

“IL FAUT” que libé vive.c’est mon reveil-matin…j’adhere à la SLL.
Sion ZINI

Type your comment here.
Cher et irremplaçable Libé, je suis une vieille, vieille lectrice et je viens d’envoyer mon chèque à la SLL - il me semble que c’est la moindre des choses.
C’est déjà pas drôle d’être antique, mais sans Libé, ce n’est pas envisageable. Par pitié, arrangez-vous pour durer aussi longtemps que moi !
Cunégonde

je vais adhérer non pas malgré le célèbre article de July sur le référendum mais à cause de lui. Si Libé se livre sans esprit critique aux errances suicidaires et purement protestataires d’un gauchisme néo soixanthuitard, ou au trotsko pléneylisme, tout sera foutu, espoirs à gauche et libé comme journal. Et tout autant si libé devient un organe socialiste.
F.
Type your comment here.

Restez bobos et parisianistes ! Ne changez rien à vos positions, vous étiez parfaits pendant le référendum. Ne cédez pas aux sirènes gauchistes, vous avez quand même plus de classe que Fabius !

A tout de suite dans la SLL.

bonjour, un site en langue francaise serait le bienvenu . Ceci étant j’était pret à adhérer et à contribuer , mais la lecture de l’article du 29 09 page 5 qui ommet l’aspect “judiciaire ” , nommination d’un mandataire ad’hoc par le TC de Paris et eventualité d’une procedure de sauvegarde me laisse à penser à une occultation des faits et à la véracité des autres informations .
Merci de m’expliquer votre démarche .Un abonné de longues années .

Par deux fois, je viens de prouver ma confiance à LIBÉRATION:
1) Ce 21 septembre, j’ai envoyé un chèque de 15 €uros à la SLL.
2) Ce 29 septembre et par téléphone, j’ai renouveler mon abonnement pour un an jusqu’au 03/11/2007.
Je n’ai pas, comme Florence, quitté le navire comme un rat pour fuir un navire semblant en perdition…
Amicalement à toute l’Équipe.
Marc Péricat

Bonjour
Je viens de sosuscrire (par Internet et sans difficulté) à la SLL.
Que Libé vive !
Fidèle lecteur de Libé depuis 6 ans, après avoir été dégoûté du “Monde”.

Jacques Mignot

J’en suis. Mon chèque part aujourd’hui. Faut pas mollir!

Claude.
Non abonné, mais lecteur depuis 30 ans

Je désirerais, en tant qu’ abonné à Libé, avoir les statuts de la SLL

Merci par avance

St Alban Leysse, le 3/10/2006

Bonjour
J’adhère (bien sûr) dès que paypal refonctionne.
Je compte renouveler mon soutien tous les mois (je vis à l’étranger, on ne vous trouve pas en kiosque) aussi longtemps que Plenel ne fait pas partie du journal. Ce serait une cause de divorce immédiat
Amicalement à Libé

Dépechez vous de rétablir le Paypal.
Je vous achète tous les jours depuis 1992. Jamais d’infidelité! Continuez! Au Danemark et en Suède, vous avez contribué à me ruiner. En Ukraine et en Russie, je ne vous ai trouvé sur le net pour vous retrouvez sur papier à Bruxelles.
Vous êtes le meilleur journal francophone sur les affaires européennes! Gardez vos valeurs sans sombrer dans vos travers qui font parfois dire “aujourd’hui, Libé, c’était pas terrible!”
Bon courage

Gardarem lou Libé.
Ce serait trop dur sans.
Même si.
Ce serait trop dur.
Oui.
FI

J’ai effectué mon virement d’adhésion via Paypal. Serai-je officiellement avisé par Libération que mon adhésion à la société des lecteurs a bien été enregistrée ?

Comment peut-on laissé un journal mourir , Monsieur Rotchislde please mettez votre main ç votre poche ,sans cela qui croiras encore en votre peusdo désintérésement ,Libé ne doit pas etre une bonne affaire pour vous mais étant un petit retraité j’aimerai que vous soyez capable d’avoir honte de votre comportement vous n’emporterez rien dans votre tombe ….. je souscrit à la société des lecteurs malgré mes faibles revenus …………..JLH Turpin.

Non libé ne se réduit pas à 300 salariés… Mais quand même…
C’est vrai on est là, nous, les lecteurs, les électeurs, les auditeurs, les citoyens du monde. Sur le papier ou sur le net, lire libé c’est vivre le monde en y participant, c’est se révolter et aider, c’est comprendre, s’opposer, c’est exister…
Et comme il ne suffit pas de partager les idées mais, si c’est possible, agir, j’adhère à la société des lecteurs, c’est la moindre des choses non?

Je joins et ma voix et mon chèque pour que la pluralité de la presse résiste à la pression dévastatrices des logiques financières et commerciales.
Je signale qu’au même moment, Politis a besoin d’un million d’euros pour pouvoir exister au-delà du mois d’octobre.
C’est un signe, peut-être celui de notre propre inconscience dans un contexte de transformation dangereuse de l’environnement mediatique et des modes de consommation de l’information. J’habite au Japon depuis plus de 20 ans. J’aime Libé pour de son irrévérence si souvent au service de la créativité et de l’intelligence.
Cette presse est l’expression d’une liberté rare dans le monde. Il revient à chacun de nous de la protéger.

Claude Lévi Alvarès

Moi aussi, comme tant d’autres, je sais que Libé est mon journal, et que “c’est moi qui l’ai fait !” : en écrivant au courrier des lecteurs, souvent ; en riant aux notes des clavistes.. et aussi en râlant devant le papier, sur le fond ou juste parce que les doigts noirs, en arrivant au bureau.. c’est pas clean. Mais je n’ai jamais décriché : militante féministe, encore à présent je m’y reconnais. je ne sais pas lire Le Monde, ni aucun autre journal.. orpheline de la rpesse je serai, moi qui classe les gens en deux tas, les “bons” et les “nuls” : ceux qui lisent le journal (Libé ou un autre), et les autres (les lecteurs de gratuits vont dans “les autres”).
Mais pourtant si par malheur la seule solution passait par Edwy Plenel, je vous le dis tout net : je cesserai de lire Libé, mon journal à moi.. Ce serait une autre façon de disparaître, mon Libé….

Je m’abonne à la société des amis, vu qu’il est impossible de s’abonner à celle des lecteurs;Dommage car les “pipoles” même sympas, très peu pour moi qui suis employée très modeste.Amitiés.

Bonjour. Adhérent à la SLL, absent le 14/4, puis-je envoyer (par la poste) ma procuration à l’un des adhérents du début de la liste à son nom mais à l’adresse de Libération ? ça lui arrivera ? à temps ? En effet la SLL ne donne pas d’adresse précise pour cela.
Donc au 11 R. Béranger 75003 Paris, c’est bon ?