Face à Rothschild, les personnels du journal présentent leur propre projet

  • Ecrit par OC
  • 16 October 2006

Il s’est passé beaucoup de choses durant le week-end. En résumé, la Société des personnels (SCPL) et le PDG du journal, Vittorio de Filippis, ont décidé de présenter un contre-projet face à celui de Rothschild mercredi au conseil d’administration.

Le projet de Rothschild prévoit 100 suppressions d’emploi, la filialisation du web et l’abandon par les salariés de leurs droits de veto (sur le PDG et sur le directeur de la rédaction). Non seulement la casse sociale, donc, mais en plus une “normalisation” du journal.
A l’inverse, la SCPL et Vittorio de Filippis vont présenter un plan de relance rédactionnelle et de redressement des comptes de l’entreprise. Ils travaillent en ce sens avec Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui est venu vendredi proposer une “méthode” pour sortir Libération de l’ornière.
Tous les syndicats du journal se sont rangés derrière le contre-projet de la SCPL et de Vittorio de Filippis. Une unité syndicale comme on n’en avait pas vu à Libération depuis longtemps. Il faut dire que le sentiment d’urgence est partagé par tous. Voici le communiqué qu’ils ont affiché ce matin sur les murs du journal:

Communiqué de l’intersyndicale
Réunis en intersyndicale, le 15 octobre, l’ensemble des syndicats de Libération (CGT, SNJ, CFDT, Sud) alerte les administrateurs sur les décisions qu’ils auront à prendre lors du conseil d’administration prévu le 18 octobre.
Ayant pris connaissance du projet de l’actionnaire principal, l’intersyndicale considère inacceptable qu’il pose en préalable le licenciement de 100 salariés sur 280, l’externalisation du site web et l’abandon des droits garantissant l’indépendance du titre. Ce scénario condamnerait Libération à court terme. Cette démarche ne peut manquer de soulever bien des interrogations, y compris politiques.
A l’inverse, l’intersyndicale demande aux administrateurs d’examiner attentivement le travail engagé par la Société des personnels (SCPL) en relation avec Edwy Plenel pour définir un projet s’appuyant sur une dynamique interne.
Cette démarche seule, partant d’un plan de relance rédactionnelle, peut permettre de retrouver un équilibre économique durable, sans plonger Libération dans une nouvelle crise sociale majeure.
CGT, SNJ, CFDT, Sud
Le 15 octobre 2006.

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Autres articles
L’intervention de Plenel devant l’AG de vendredi
Libération continuera à être imprimé normalement

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Commentaires

Combien de licenciements prévus dans le plan Plenel ?

Que Filippis et la SCPL proposent un plan cela va de soi. Mais franchement avez vous vraiment besoin de Plenel pour cela ? N’oubliez pas que pour survivre ce n’est pas forcement d’un projet appuyé par tous les syndicats mais d’un projet appuyé par tous les lecteurs plus une partie de ceux qui ne vous lisent pas ou plus et soutenu par votre actionnaire. Bref, laissez Plenel hors du coup car ce type n’est pas un fédérateur : je n’aime pas les donneurs de leçons et en la matière il se pose là.

j’ai arrêté d’acheter Le Monde que je lisais depuis 1968 à cause de l’orientation initiée par Monsieur Plénel ( et notamment ses réactions et celles de Monsieur Colombani au livre de P.Péan); j’ai donc rejoint les lecteurs réguliers de Libé…..
ce n’est pas pour le retrouver à libé

Chouette ! On trouvera bientôt les meilleures feuilles de La face cachée de Libé dans Le Monde.

Je ne connais rien des projets éditoriaux de Libé, il est probables qu’ils soient nombreux, reste que pour le lecteur que je suis, la liberté de ton de ses éditorialistes et de ses chroniqueurs, la qualité de leur style expliquent en grande partie ma fidélité.
On peut craindre que ces plumes se retrouvent grandement déplumées avec l’arrivée de Plenel - si l’on en croit sa manière si transparente d’envisager le débat au sein du monde quand l’affaire Péan éclata.

Je suis entierement d’accord, il ne s’agit pas de refaire le Monde 2 !
Si il y a des gens qui achetent Libe au lieu du Monde c’est qu’il y a forcement une raison et ça à l’air d’emm… le microcosme que ce journal tel qu’il s’exprime existe encore. En tant que lecteur regulier, je ne conçois pas de modifier l’esprit de ce journal. Passez le prix à 2 euros s’il le faut mais laissez le tel quel.

Je lance un appel à tous les lecteurs ! Postez ! Postez dans ce forum ! Il faut faire valoir l’avis des lecteurs ! C’est le plus important comme le dit justement Grorick ! Sans les lecteurs un journal n’existe pas.

Abonné au Monde pendant quelques années, j’ai cessé mon abonnement parce que je trouvais ce journal de plus en plus partiel et de moins en moins capable de poser des questions de fonds et, surtout, d’être un lieu de débats entre les différents chroniqueurs. J’en ai compris la raison avec les réactions de M. Plenel lors de différents évènements : l’affaire Péan, le licenciement de M. Schneidermann.
J’ai donc décidé de m’abonner à Libération. J’avoue être très dérouté par la décision de la SCPL qui semble se prendre au piège du choix entre la peste et le choléra.

pour Smuk,

je crois que l’expression “choisir entre la peste et le choléra” est à moitié adaptée.

Plenel, on connaît, on sait ou cela a conduit le Monde, donc en effet on peut lui affubler le qualificatif de peste.

EdR, l’Actionnaire, je ne le connais pas. Les trucs que je connais sont les faits suivants.

EdR a investi 20 mlns d’Euros.

July est parti (je le regrette). Ecrans a été stoppé (je ne le regrette pas). De nombreux journalistes indiquent ne pas subir de pression de la part de l’actionnaire sur le plan éditorial (comme quoi EdR a sans doute compris que le principal capital de Libé c’est sa liberté de ton).

Alors, soit, si le plan d’EdR consiste à virer 100 personnes c’est dur à avaler. La filialisation du web je ne sais pas si c’est une bonne idée mais intuitivement je n’en vois pas l’intérêt de façon évidente (statut des personnels, contraintes différentes ?). EdR va devoir nous en dire plus. Ceci étant dit je conçois qu’EdR cherche à protéger ses intérêts : je crois donc que le terme peste ou cholèra n’est pas convenable pour le qualifier. Je souhaite que Libé se redresse et cela ne se fera pas contre EdR : perso, je n’ai pas de quoi lui racheter ses actions et la SLL non plus.

En fait, il y un point délicat à saisir : pourquoi EdR ne nous livre-t-il pas des éclairages sur sa stratégie ? Sans doute une question de timing : il attend que les décisions soient prises pour les défendre et les commenter. Après tout ceci est bien logique.

J’achète Libé tous les jours de l’année.A lire les différents commentaires depuis le début de la crise,je m’apercois de l’attachement trés fort des lecteurs avec le journal.Passez à 2 euros,on est prêt à payer pour que vive Libé.

finalement, les jounalistes (restant) de libé sont comme tout les autres journalistes : Ils ont juste peur de perdre leur boulot ret son pret à trahir tout leurs sois disant idéaux pour le garder.
C’es compréhensible, mais décevant.

Tout ce que j’espère, c’est que ceux qui ont eu le courage de partir du navire voyant qu’il changeait radivcalement de cap, puisse relancer une feuille de choux, dont l’abonement remplacera avantageusement celui de libé, que je ne renouvellerais pas

1)Il est nécessaire que Libé continue. 2)Il est vital que ce journal soit très engagé dans le combat politique : plus qu’il ne l’est aujourd’hui (par exemple lorsqu’il donne la parole à un Sarkozy ou un Lellouche), car c’est là, et pas ailleurs, que se situe son vrai créneau.
3)Edwy Plenel n’est évidemment pas du tout la bonne personne pour ça.

Commentaire déjà écrit pour le débat “pour ou contre Plenel”, bis repetita donne plus de chances d’être lu

1) pour moi Plenel est intellectuellement malhonnête. Rappelez vous Panama 1992, les “révélations” qui ont fait plouf: un journaliste, ça devrait vérifier ses informations, et s’excuser quand ça se trompe…
2) les anciens révolutionnaires qui préfèrent la droite balladurienne à la social démocratie parce que celle ci a trahi la vraie gauche, ça me fatigue. Peut être était ce plus Colombani que Plenel qui élaborait la ligne du Monde en 93, mais ils dirigeaient ensemble ce journal, et je pense que c’est ce genre de discours qui a fini par nous valoir le deuxième tour de 2002.

Le problème, c’est que même avec une pagi réduite, je ne vois pas comment le licenciement de presque un tiers (!) des effectifs ne peut pas s’accompagner d’une perte de qualité drastique… Et l’externalisation du site web me semble un non-sens total. Quant au fait de supprimer au passage le droit de veto des salariés, il faudrait que Rothschild explique en quoi ça participe d’un redressement économique !

Donc j’ai beau comprendre certaines réticences vis-à-vis de Plenel, le « projet » de Rothschild me semble n’avoir d’autre préocupation que strictement financière. S’il présentait comment il envisage très concrètement l’avenir du journal, en termes d’objectifs et de moyens éditoriaux révisés, bref à quoi pourrait ressembler Libé, en termes de contenu, après son plan, la pilule aurait peut-être une chance de passer. Mais pour le moment…

Alors que la question centrale du contenu et des supports est elle clairement posée dans l’intervention de Plenel. Je sais, il faut se méfier des beaux discours… Reste que la bonne logique est indéniablement celle-là. Plenel est-il la bonne personne pour remplir cette tâche-là à Libé ? Je ne sais pas. Mais même si on est méfiant, on peut quand même lui accorder le bénéfice du doute. Et de toute façon, ce n’est pas comme si il y avait des milliards de prétendants…

Après… Il serait néanmoins bon, effectivement, d’avoir ne serait-ce qu’une fourchette du nombre de licenciements et de la pagination qu’envisage Plenel. Et je suis nettement plus sceptique sur sa vision d’un hebdo complémentaire - on sait les ambitions qu’avait Le Monde 2, et ce qu’il est finalement devenu.

Mais je suis, en tout cas, 100% d’accord avec son analyse.

Lire : plus d’un tiers, et non pas presque un tiers, des effectifs, évidemment…

Exigence M. de Rothschild : licenciement de 100 salariés sur 280, externalisation du site Web et abandon de l’indépendance de la rédaction
C’en est donc fini de cette farce à laquelle ont bien voulu croire les jounralistes de Libé.
Le projet de M. de Rothschild ne différe pas de ceux qui détiennent le L.A.-Times, de la famille Asper au Canada, de Murdoch en GB, aux USA ou en Australie : captation de la presse pour la rendre dépendante et perméable à leurs intérêts. Pensez que le groupe Canwest (famille Asper) impose un éditorial unique à tous ses journaux au Canada (anglophone); il n’y a qu’un seul objectif derrière ce genre d’ économies d’échelle : le contrôle éditorial
Je préfère lire Le Monde plenlien dans Libé que l’édito d’un Conseil d’Administration dans une version augmenté des journaux de métro

Cependant que l’on ne peut qu’éprouver de la sympathie pour les derniers soubresauts du personnel de Libération, peut-être eussent-il dû se remettre en question un peu plus tôt : il n’est que de se souvenir que la naissance de Libération est exactement contemporaine de celle d’El Pais et de La Republicca puis de s’interroger sur les raisons du gouffre qui les sépare désormais. Libération est aux abois mais il n’est pas lieu pour cela d’incriminer un financier qui joue son rôle et rien d’autre. Tout montre désormais que Libération est d’un siècle qui, lui, n’est plus depuis quelque temps déjà.

Je ne suis pas non plus pour la venue de Plenel et le projet de Rotschild me semble plus viable.
Alors evidemment, certains vont préférer faire couler le navire plutot que d’avoir à sacrifier des salariés. Il y a peut être des départs volontaires ou retaite ??
Comme qqun l’a dit, EdR n’a aucun, strictement aucun interêt à ce que Libé ne marche pas, surtout au vu de l’investissement déjà réalisé
Faites le bon choix !

Il y a depuis quelques années quelques publications qui ont tenté de nous mettre en garde au sujet de la prise de contrôle de la presse et de l’édition. On doit ce travail aux éditions de La Fabrique, Raisons d’agir et bientôt Amsterdam. Des petites maisons d’éditions qui vivent chichement en faisant le travail que les grandes ne font plus pour des raisons de retour sur investissement. Les curieux iront jeter un oeil sur leurs catalogues.
De petits livres qui laissait leur lecteur présager du retournement d’un actionaire qui se parjure en exigeant maintenant l’abandon de l’indépendance éditoriale après avoir promis de ne pas toucher à celle-ci (disant justement se contenter de jouer son rôle d’investisseur).
C’est sûr que Rotschild trouvera toujours une recette économique pour capter un nouveau lectorat. Pourquoi pas celle des tabloïd anglais? Mais alors quel titre pour remplacer celui que nous connaissons : Aliénation?
Méditez l’expérience du L.A.-Times, il faut des journalistes pour faire un journal, et l’indépendance absolue de la rédaction pour en faire un bon.

J’ai emmené des élèves à Libération, le rédacteur en chef nous a reçus, nous avons vu la démocratie fonctionner au cours de la conférence de rédaction, puis dans le journal lui-même. Maintenant, je me dis, après France Soir, Libé ? Le Monde ? Le Figaro ?.. La Démocratie ?
Que vive ce canard !
MT


Face à Rothschild, les personnels du journal présentent leur propre projet

  • Ecrit par OC
  • 16 October 2006

Il s’est passé beaucoup de choses durant le week-end. En résumé, la Société des personnels (SCPL) et le PDG du journal, Vittorio de Filippis, ont décidé de présenter un contre-projet face à celui de Rothschild mercredi au conseil d’administration.

Le projet de Rothschild prévoit 100 suppressions d’emploi, la filialisation du web et l’abandon par les salariés de leurs droits de veto (sur le PDG et sur le directeur de la rédaction). Non seulement la casse sociale, donc, mais en plus une “normalisation” du journal.
A l’inverse, la SCPL et Vittorio de Filippis vont présenter un plan de relance rédactionnelle et de redressement des comptes de l’entreprise. Ils travaillent en ce sens avec Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui est venu vendredi proposer une “méthode” pour sortir Libération de l’ornière.
Tous les syndicats du journal se sont rangés derrière le contre-projet de la SCPL et de Vittorio de Filippis. Une unité syndicale comme on n’en avait pas vu à Libération depuis longtemps. Il faut dire que le sentiment d’urgence est partagé par tous. Voici le communiqué qu’ils ont affiché ce matin sur les murs du journal:

Communiqué de l’intersyndicale
Réunis en intersyndicale, le 15 octobre, l’ensemble des syndicats de Libération (CGT, SNJ, CFDT, Sud) alerte les administrateurs sur les décisions qu’ils auront à prendre lors du conseil d’administration prévu le 18 octobre.
Ayant pris connaissance du projet de l’actionnaire principal, l’intersyndicale considère inacceptable qu’il pose en préalable le licenciement de 100 salariés sur 280, l’externalisation du site web et l’abandon des droits garantissant l’indépendance du titre. Ce scénario condamnerait Libération à court terme. Cette démarche ne peut manquer de soulever bien des interrogations, y compris politiques.
A l’inverse, l’intersyndicale demande aux administrateurs d’examiner attentivement le travail engagé par la Société des personnels (SCPL) en relation avec Edwy Plenel pour définir un projet s’appuyant sur une dynamique interne.
Cette démarche seule, partant d’un plan de relance rédactionnelle, peut permettre de retrouver un équilibre économique durable, sans plonger Libération dans une nouvelle crise sociale majeure.
CGT, SNJ, CFDT, Sud
Le 15 octobre 2006.

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L’intervention de Plenel devant l’AG de vendredi
Libération continuera à être imprimé normalement

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Combien de licenciements prévus dans le plan Plenel ?

Que Filippis et la SCPL proposent un plan cela va de soi. Mais franchement avez vous vraiment besoin de Plenel pour cela ? N’oubliez pas que pour survivre ce n’est pas forcement d’un projet appuyé par tous les syndicats mais d’un projet appuyé par tous les lecteurs plus une partie de ceux qui ne vous lisent pas ou plus et soutenu par votre actionnaire. Bref, laissez Plenel hors du coup car ce type n’est pas un fédérateur : je n’aime pas les donneurs de leçons et en la matière il se pose là.

j’ai arrêté d’acheter Le Monde que je lisais depuis 1968 à cause de l’orientation initiée par Monsieur Plénel ( et notamment ses réactions et celles de Monsieur Colombani au livre de P.Péan); j’ai donc rejoint les lecteurs réguliers de Libé…..
ce n’est pas pour le retrouver à libé

Chouette ! On trouvera bientôt les meilleures feuilles de La face cachée de Libé dans Le Monde.

Je ne connais rien des projets éditoriaux de Libé, il est probables qu’ils soient nombreux, reste que pour le lecteur que je suis, la liberté de ton de ses éditorialistes et de ses chroniqueurs, la qualité de leur style expliquent en grande partie ma fidélité.
On peut craindre que ces plumes se retrouvent grandement déplumées avec l’arrivée de Plenel - si l’on en croit sa manière si transparente d’envisager le débat au sein du monde quand l’affaire Péan éclata.

Je suis entierement d’accord, il ne s’agit pas de refaire le Monde 2 !
Si il y a des gens qui achetent Libe au lieu du Monde c’est qu’il y a forcement une raison et ça à l’air d’emm… le microcosme que ce journal tel qu’il s’exprime existe encore. En tant que lecteur regulier, je ne conçois pas de modifier l’esprit de ce journal. Passez le prix à 2 euros s’il le faut mais laissez le tel quel.

Je lance un appel à tous les lecteurs ! Postez ! Postez dans ce forum ! Il faut faire valoir l’avis des lecteurs ! C’est le plus important comme le dit justement Grorick ! Sans les lecteurs un journal n’existe pas.

Abonné au Monde pendant quelques années, j’ai cessé mon abonnement parce que je trouvais ce journal de plus en plus partiel et de moins en moins capable de poser des questions de fonds et, surtout, d’être un lieu de débats entre les différents chroniqueurs. J’en ai compris la raison avec les réactions de M. Plenel lors de différents évènements : l’affaire Péan, le licenciement de M. Schneidermann.
J’ai donc décidé de m’abonner à Libération. J’avoue être très dérouté par la décision de la SCPL qui semble se prendre au piège du choix entre la peste et le choléra.

pour Smuk,

je crois que l’expression “choisir entre la peste et le choléra” est à moitié adaptée.

Plenel, on connaît, on sait ou cela a conduit le Monde, donc en effet on peut lui affubler le qualificatif de peste.

EdR, l’Actionnaire, je ne le connais pas. Les trucs que je connais sont les faits suivants.

EdR a investi 20 mlns d’Euros.

July est parti (je le regrette). Ecrans a été stoppé (je ne le regrette pas). De nombreux journalistes indiquent ne pas subir de pression de la part de l’actionnaire sur le plan éditorial (comme quoi EdR a sans doute compris que le principal capital de Libé c’est sa liberté de ton).

Alors, soit, si le plan d’EdR consiste à virer 100 personnes c’est dur à avaler. La filialisation du web je ne sais pas si c’est une bonne idée mais intuitivement je n’en vois pas l’intérêt de façon évidente (statut des personnels, contraintes différentes ?). EdR va devoir nous en dire plus. Ceci étant dit je conçois qu’EdR cherche à protéger ses intérêts : je crois donc que le terme peste ou cholèra n’est pas convenable pour le qualifier. Je souhaite que Libé se redresse et cela ne se fera pas contre EdR : perso, je n’ai pas de quoi lui racheter ses actions et la SLL non plus.

En fait, il y un point délicat à saisir : pourquoi EdR ne nous livre-t-il pas des éclairages sur sa stratégie ? Sans doute une question de timing : il attend que les décisions soient prises pour les défendre et les commenter. Après tout ceci est bien logique.

J’achète Libé tous les jours de l’année.A lire les différents commentaires depuis le début de la crise,je m’apercois de l’attachement trés fort des lecteurs avec le journal.Passez à 2 euros,on est prêt à payer pour que vive Libé.

finalement, les jounalistes (restant) de libé sont comme tout les autres journalistes : Ils ont juste peur de perdre leur boulot ret son pret à trahir tout leurs sois disant idéaux pour le garder.
C’es compréhensible, mais décevant.

Tout ce que j’espère, c’est que ceux qui ont eu le courage de partir du navire voyant qu’il changeait radivcalement de cap, puisse relancer une feuille de choux, dont l’abonement remplacera avantageusement celui de libé, que je ne renouvellerais pas

1)Il est nécessaire que Libé continue. 2)Il est vital que ce journal soit très engagé dans le combat politique : plus qu’il ne l’est aujourd’hui (par exemple lorsqu’il donne la parole à un Sarkozy ou un Lellouche), car c’est là, et pas ailleurs, que se situe son vrai créneau.
3)Edwy Plenel n’est évidemment pas du tout la bonne personne pour ça.

Commentaire déjà écrit pour le débat “pour ou contre Plenel”, bis repetita donne plus de chances d’être lu

1) pour moi Plenel est intellectuellement malhonnête. Rappelez vous Panama 1992, les “révélations” qui ont fait plouf: un journaliste, ça devrait vérifier ses informations, et s’excuser quand ça se trompe…
2) les anciens révolutionnaires qui préfèrent la droite balladurienne à la social démocratie parce que celle ci a trahi la vraie gauche, ça me fatigue. Peut être était ce plus Colombani que Plenel qui élaborait la ligne du Monde en 93, mais ils dirigeaient ensemble ce journal, et je pense que c’est ce genre de discours qui a fini par nous valoir le deuxième tour de 2002.

Le problème, c’est que même avec une pagi réduite, je ne vois pas comment le licenciement de presque un tiers (!) des effectifs ne peut pas s’accompagner d’une perte de qualité drastique… Et l’externalisation du site web me semble un non-sens total. Quant au fait de supprimer au passage le droit de veto des salariés, il faudrait que Rothschild explique en quoi ça participe d’un redressement économique !

Donc j’ai beau comprendre certaines réticences vis-à-vis de Plenel, le « projet » de Rothschild me semble n’avoir d’autre préocupation que strictement financière. S’il présentait comment il envisage très concrètement l’avenir du journal, en termes d’objectifs et de moyens éditoriaux révisés, bref à quoi pourrait ressembler Libé, en termes de contenu, après son plan, la pilule aurait peut-être une chance de passer. Mais pour le moment…

Alors que la question centrale du contenu et des supports est elle clairement posée dans l’intervention de Plenel. Je sais, il faut se méfier des beaux discours… Reste que la bonne logique est indéniablement celle-là. Plenel est-il la bonne personne pour remplir cette tâche-là à Libé ? Je ne sais pas. Mais même si on est méfiant, on peut quand même lui accorder le bénéfice du doute. Et de toute façon, ce n’est pas comme si il y avait des milliards de prétendants…

Après… Il serait néanmoins bon, effectivement, d’avoir ne serait-ce qu’une fourchette du nombre de licenciements et de la pagination qu’envisage Plenel. Et je suis nettement plus sceptique sur sa vision d’un hebdo complémentaire - on sait les ambitions qu’avait Le Monde 2, et ce qu’il est finalement devenu.

Mais je suis, en tout cas, 100% d’accord avec son analyse.

Lire : plus d’un tiers, et non pas presque un tiers, des effectifs, évidemment…

Exigence M. de Rothschild : licenciement de 100 salariés sur 280, externalisation du site Web et abandon de l’indépendance de la rédaction
C’en est donc fini de cette farce à laquelle ont bien voulu croire les jounralistes de Libé.
Le projet de M. de Rothschild ne différe pas de ceux qui détiennent le L.A.-Times, de la famille Asper au Canada, de Murdoch en GB, aux USA ou en Australie : captation de la presse pour la rendre dépendante et perméable à leurs intérêts. Pensez que le groupe Canwest (famille Asper) impose un éditorial unique à tous ses journaux au Canada (anglophone); il n’y a qu’un seul objectif derrière ce genre d’ économies d’échelle : le contrôle éditorial
Je préfère lire Le Monde plenlien dans Libé que l’édito d’un Conseil d’Administration dans une version augmenté des journaux de métro

Cependant que l’on ne peut qu’éprouver de la sympathie pour les derniers soubresauts du personnel de Libération, peut-être eussent-il dû se remettre en question un peu plus tôt : il n’est que de se souvenir que la naissance de Libération est exactement contemporaine de celle d’El Pais et de La Republicca puis de s’interroger sur les raisons du gouffre qui les sépare désormais. Libération est aux abois mais il n’est pas lieu pour cela d’incriminer un financier qui joue son rôle et rien d’autre. Tout montre désormais que Libération est d’un siècle qui, lui, n’est plus depuis quelque temps déjà.

Je ne suis pas non plus pour la venue de Plenel et le projet de Rotschild me semble plus viable.
Alors evidemment, certains vont préférer faire couler le navire plutot que d’avoir à sacrifier des salariés. Il y a peut être des départs volontaires ou retaite ??
Comme qqun l’a dit, EdR n’a aucun, strictement aucun interêt à ce que Libé ne marche pas, surtout au vu de l’investissement déjà réalisé
Faites le bon choix !

Il y a depuis quelques années quelques publications qui ont tenté de nous mettre en garde au sujet de la prise de contrôle de la presse et de l’édition. On doit ce travail aux éditions de La Fabrique, Raisons d’agir et bientôt Amsterdam. Des petites maisons d’éditions qui vivent chichement en faisant le travail que les grandes ne font plus pour des raisons de retour sur investissement. Les curieux iront jeter un oeil sur leurs catalogues.
De petits livres qui laissait leur lecteur présager du retournement d’un actionaire qui se parjure en exigeant maintenant l’abandon de l’indépendance éditoriale après avoir promis de ne pas toucher à celle-ci (disant justement se contenter de jouer son rôle d’investisseur).
C’est sûr que Rotschild trouvera toujours une recette économique pour capter un nouveau lectorat. Pourquoi pas celle des tabloïd anglais? Mais alors quel titre pour remplacer celui que nous connaissons : Aliénation?
Méditez l’expérience du L.A.-Times, il faut des journalistes pour faire un journal, et l’indépendance absolue de la rédaction pour en faire un bon.

J’ai emmené des élèves à Libération, le rédacteur en chef nous a reçus, nous avons vu la démocratie fonctionner au cours de la conférence de rédaction, puis dans le journal lui-même. Maintenant, je me dis, après France Soir, Libé ? Le Monde ? Le Figaro ?.. La Démocratie ?
Que vive ce canard !
MT