Face à Rothschild, les personnels du journal présentent leur propre projet
- 16 October 2006
Il s’est passé beaucoup de choses durant le week-end. En résumé, la Société des personnels (SCPL) et le PDG du journal, Vittorio de Filippis, ont décidé de présenter un contre-projet face à celui de Rothschild mercredi au conseil d’administration.
Le projet de Rothschild prévoit 100 suppressions d’emploi, la filialisation du web et l’abandon par les salariés de leurs droits de veto (sur le PDG et sur le directeur de la rédaction). Non seulement la casse sociale, donc, mais en plus une “normalisation” du journal.
A l’inverse, la SCPL et Vittorio de Filippis vont présenter un plan de relance rédactionnelle et de redressement des comptes de l’entreprise. Ils travaillent en ce sens avec Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui est venu vendredi proposer une “méthode” pour sortir Libération de l’ornière.
Tous les syndicats du journal se sont rangés derrière le contre-projet de la SCPL et de Vittorio de Filippis. Une unité syndicale comme on n’en avait pas vu à Libération depuis longtemps. Il faut dire que le sentiment d’urgence est partagé par tous. Voici le communiqué qu’ils ont affiché ce matin sur les murs du journal:
Communiqué de l’intersyndicale
Réunis en intersyndicale, le 15 octobre, l’ensemble des syndicats de Libération (CGT, SNJ, CFDT, Sud) alerte les administrateurs sur les décisions qu’ils auront à prendre lors du conseil d’administration prévu le 18 octobre.
Ayant pris connaissance du projet de l’actionnaire principal, l’intersyndicale considère inacceptable qu’il pose en préalable le licenciement de 100 salariés sur 280, l’externalisation du site web et l’abandon des droits garantissant l’indépendance du titre. Ce scénario condamnerait Libération à court terme. Cette démarche ne peut manquer de soulever bien des interrogations, y compris politiques.
A l’inverse, l’intersyndicale demande aux administrateurs d’examiner attentivement le travail engagé par la Société des personnels (SCPL) en relation avec Edwy Plenel pour définir un projet s’appuyant sur une dynamique interne.
Cette démarche seule, partant d’un plan de relance rédactionnelle, peut permettre de retrouver un équilibre économique durable, sans plonger Libération dans une nouvelle crise sociale majeure.
CGT, SNJ, CFDT, Sud
Le 15 octobre 2006.



Combien de licenciements prévus dans le plan Plenel ?