Une centaine de lecteurs ont participé au débat sur Libé à Lyon

  • Ecrit par OC
  • 24 October 2006

Ils étaient une centaine. Des jeunes, des moins jeunes, lecteurs de fraîche date ou de la première heure. Des anciens lecteurs et journalistes de «Lyon Libé» aussi. Tous animés d’un amour, parfois vache, vis-à-vis de Libération. Une soirée passionnante, lundi soir (23 octobre) à Lyon, dans le cadre des «café médias» qu’organisent l’IEP, les Ateliers de la citoyenneté et le Club de la presse. Sujet du soir : la crise de la presse quotidienne en général, et celle de Libération en particulier. L’occasion également de lancer une antenne lyonnaise de la Société des lecteurs de Libération (1), première émanation locale de l’élan qui rassemble déjà trois mille adhérents en France (www.libe-lecteurs.fr)

Premier constat: les lecteurs présents n’avaient pas pris la mesure de la crise qui frappe Libération. La plupart restaient persuadés que l’existence même de Libé ne pouvait se trouver menacée. Signe, peut-être, d’une difficulté pour les responsables du journal et ses élus d’expliquer aux lecteurs la réalité de la situation économique et financière. Bien des présents ont aussi exprimé leur envie de voir Libération se refonder, revenir à ses valeurs, marquer son calendrier, sa différence. Les uns trouvent Libé trop cher, les autres seraient prêts à payer plus, «un euro cinquante», pour que vive leur journal.

Les critiques ont fusé. Libé trop convenu, Libé trop parisien, Libé moins impertinent, Libé trop «oui-ouiste» lors du référendum sur la constitution européenne. Libé hygiéniste, Libé trop loin des acteurs de terrain, Libé moins audacieux dans son approche photographique…

Certains s’inquiètent de la capacité de l’équipe à rebondir. D’autres, «vieux lecteurs», redoutent l’arrivée d’Edwy Plenel, l’ancien directeur de la rédaction du Monde. Ils craignent pour l’ADN de Libération. Incompréhension aussi pour certains, depuis l’entrée dans le capital du journal d’Edouard de Rothschild. «Mais qu’est-ce que Serge July est allé faire dans cette galère?». Beaucoup de questions enfin sur le départ du fondateur, et d’autres journalistes.

La richesse de cette soirée souligne la nécessité pour Libération d’aller au devant de son public. Dans ses colonnes et sur son site Internet, mais aussi autour d’un verre, pour échanger, débattre, expliquer. C’est bien la vocation première de la Société des lecteurs (SLL): recréer les liens distendus entre Libé et ceux qui sont sa seule raison d’être, les lecteurs.

Olivier Bertrand (2) et Denis Delbecq (3)

(1) Si le projet d’une antenne lyonnaise de la SLL vous intéresse, envoyez un mail à cette adresse: soleil@wanadoo.fr
(2) Correspondant de Libération à Lyon
(3) Président du Conseil de surveillance de la Société civile des personnels de Libération (SCPL)

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Commentaires

Bonjour,
lecteur de Libé depuis mon arrivé en France dans les années 70, je tiens à la survie de libé.

La TAZ, petite soeur allemande de libé, “meinungsbildende Zeitung” la bas - journal d’opinion ici,
semble survivre grace aux parts de 6900 lecteurs devenus sociétaires et ayant ainsi accumulé un capital de 6,6 Milions Euros. Ceci diffère de l’option actionnariat.
Avez vous étudié une forme semblable?

deuxième piste: les dons aux associations d’intérêt général ou reconnues d’utilité publique ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66%, également dans la limite de 20% du revenu.

Est-ce que la SLL a fait des efforts d’une telle reconnaissance )° -qui amène de facto un soutien publique double de l’effort des membres de la SLL.
Et les membres de la SLL pourront être plus généreux encore.
Cordialement Elisabeth Pelz

)° Les associations délivrent à leurs donateurs un récépissé, intitulé « reçu dons aux œuvres », selon le formulaire administratif type (cerfa n° 11580*02). Afin de s’assurer qu’elles sont bien susceptibles de délivrer de tels récépissés, les associations doivent en faire la demande préalable auprès des services fiscaux. C’est le décret n° 2004-692 qui précise les modalités de cette demande. Il est complété par une instruction fiscale, datant du 19 octobre 2004, qui précise les renseignements à apporter.