On cherche des sous

  • Ecrit par NCo
  • 27 October 2006

Le CA a été tendu, comme prévu. Un peu avant son début, Le Monde est sorti avec un extrait d’une lettre adressée par Edouard de Rothschild aux administrateurs dans lequel ce dernier rejette le plan Plenel/SCPL, considéré comme “pas réaliste”. Rothschild se disait “plus que sceptique sur l’approche” choisie par l’ancien directeur du Monde Edwy Plenel pour le défendre, évoquant “une mise en scène (…) développée sur un mode conflictuel vis-à-vis des actionnaires et d’une partie de l’équipe”. Position reprise lors du conseil.

Le PDG Vittorio de Filippis a, lui, répondu que le seul plan viable était celui élaboré par l’équipe. Et que celui de Rothschild était “inacceptable” - notamment les 100 licenciements sur 280 salariés. Après quatre heures de discussion, un compromis a donc été trouvé. Il laisse à la SCPL le soin d’aller chercher un autre investisseur pour financer le plan. Pendant ce temps, Rothschild affine lui-même son plan. Et le 7 novembre, on se retrouve pour faire un nouveau point.

Voici le communiqué du CA:

“Le conseil d’administration du 26 octobre a décidé de poursuivre ses travaux jusqu’au 7 novembre :

pour permettre à la banque Lazard de poursuivre sa recherche d’investisseurs afin de financer le projet présenté lors du dernier conseil d’administration ;

­ pour engager en parallèle et dans ce délai, une réflexion complémentaire afin d’approfondir les efforts de modernisation du journal .
Ces travaux convergent vers l’élaboration d’un plan et à la réunion de ses moyens de financement pour déterminer une issue favorable à la procédure de sauvegarde.

Et voici quelques réactions recueillies par les agences de presse et les radios:

Edwy Plenel: “Ce plan (celui de la SCPL) est totalement réaliste. La preuve, il est soutenu non seulement par les personnels de Libération, les organisations syndicales (…) mais il a eu l’approbation des actionnaires minoritaires et surtout de l’administrateur judiciaire. Donc le choix fait aujourd’hui est incompréhensible et déraisonnable, il prolonge, il aggrave la crise. Pour le dire tout net, le facteur de crise à Libération n’est pas du côté des personnels. Sans motif professionnel crédible, Edouard de Rothschild prend le risque de refuser le seul plan existant pour sauver Libération”.

Erwan cario, délégué Sud: “La réunion de ce soir signifie que si on trouve un financement avant le 7 novembre, Rothschild deviendra un actionnaire passif”.

François Wenz-Dumas, délégué SNJ: “La recherche de nouveaux investisseurs montre qu’il y a une solution sans aller jusqu’au redressement judiciaire. Cela se fera peut-être avec M. de Rothschild, peut-être sans lui”.

Pour notre part, on ajoutera que, maintenant, les choses sont claires. Et qu’on a plus que jamais besoin de vous. Pour récolter de l’argent d’abord, mais aussi faire savoir qu’il y a un vrai risque que Libération disparaisse.

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Commentaires

Plenel m’a dégoûtée du Monde, avec son ton hargneux, ses vindictes perso déclinées sur un mode obsessionnel, ses titres racoleurs et même pas drôles… Pas de cela pour Libé ! Gardez votre esprit libre et ouvert, votre ton insolent mais tonique, votre droit de tout dire, votre talent unique pour les photos et les titres accrocheurs, mais aussi intelligents. Il me semble que votre actionnaire principal et vos lecteurs se rejoignent sur un point : ils préfèrent un quotidien d’opinion de format raisonnable (n’ajoutez pas de pages !) et n’ont que faire de suppléments coûteux, snobs et illisibles pour le lecteur lambda. Mieux vaut un Libé “light” que pas de Libé du tout !

Combien de journalistes accepteront ils de travailler sous la houlette d’Edwy Plenel ?

Membre de la SLL car c’est un journal que j’aime oui à 100 %.

Instrumentalisé non.