Les lecteurs parisiens veulent plus d’information et de transparence

  • Ecrit par NCo
  • 31 October 2006

La première réunion d’information de la SLL à Paris, après Lyon il y a une semaine, s’est tenue hier au Lou Pascalou, un café situé près de la station Ménilmontant. En présence de représentants de la Société civile des personnels de Libération (SCPL) et du bureau de la SLL, une centaine de personnes était présente, certains adhérents de la SLL, d’autres simple lecteurs. Des jeunes et des vieux. Des lecteurs fidèles depuis la création du journal, et des récents accrocs à Libé.
L’occasion de faire un point et de débattre sur ce qui arrive à Libération depuis ces derniers mois (les pertes financières, le départ de Serge July, la cogérance, les relations conflictuelles avec l’actionnaire Edouard de Rothschild, les plans de relance…). Mais surtout, pour beaucoup la découverte que Libé est bel et bien un journal mortel. Et qu’il y a urgence.
Malgré plusieurs pages d’information dans le journal, le site de la SLL, beaucoup ont ainsi jugé n’être pas assez informés. Notamment sur la procédure de sauvegarde, décidée par le tribunal de commerce de Paris, qui met Libé à l’abris de certaines dettes, mais n’empêche pas le risque de cessation de paiement.
Certains ont critiqué des articles, la ligne éditoriale. Mais beaucoup ont jugé qu’on n’allait pas s’en sortir si on commentait chaque article. Qu’il fallait hiérarchiser les problèmes. Financier à court terme, éditorial à plus long terme.
La création de la SLL a été saluée par tous, notamment le fait qu’elle représente un poids important, supérieur à son simple apport en capital. Certains ont souligné qu’il ne fallait pas qu’elle soit une annexe de la SCPL.
Des questions ont été posées sur le projet de Rothschild, détaillé et critiqué dans le journal vendredi dernier : l’absence du volet recettes a été soulignée. Certains ont posé des questions sur l’arrivée éventuelle de Plenel, jugeant qu’elle risquait de compliquer la situation. D’autres ont jugé ses idées intéressantes.

Beaucoup de questions et de réflexions ont été lancées sur le modèle économique à trouver pour sauver Libé, mais aussi pour que la presse quotidienne dans son ensemble ne disparaisse pas. « Payer sur internet pourquoi pas ? mais pas s’il y a des protections contre la copie », a lancé un participant.
Une idée force a émergé du débat : beaucoup de temps a été passé  à critiquer le projet Rothschild, à exposer les marges de manœuvres limitées des journalistes, en terme financier, mais il faudrait s’exprimer plus sur le projet des journalistes de Libération. Vendre le projet, porté par la SCPL et l’équipe, aux investisseurs, d’accord, et on comprend qu’on ne peut pas du tout dévoiler–ne serait-ce qu’en terme de concurrence. Mais il faudrait quand même se tourner vers le lecteur pour lui détailler les grandes lignes de ce projet (ligne éditoriale, modèle économique, etc.)
Bref, une demande d’information, de transparence. Ce qui était à l’origine de la création de la SLL, et que nous allons continuer à développer.

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Commentaires

Bonjour,

Merci pour cette réunion qui était attendue.
Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer, je pense que quand Libé sera sur de bons rails (et pourvu que ce soit vite le cas), nous aurons bien sûr à coeur de vous parler de ce que l’on aime et de ce que l’on n’aime plus chez vous. Mais dans l’immédiat, il faut se serrer les coudes. la SLL balbutie, c’est bien normal, et il me semble que notre premier rôle de membres est de réfléchir avec vous sur la manière dont nous pouvons, stratégiquement, politiquement, symboliquement, être le soutien le plus efficace au journal.
Financierement, nous ne serons jamais une force majeure, encore qu’on peut se dire ceci :si chacun des membres convainc 10 personnes d’adherer, cela fait environ 1 million d’euros de cagnotte. C’est bien moins, bien sûr, que les sommes de 20, 30 millions évoquées pour faire repartir le journal, mais ca peut constituer un part du capital non négligeable et faire de nous un actionnaire minoritaire, un acteur bien sûr engagé auprès de la SCPL.
Alors bon courage a vous pour réarmer Libé sur le plan du projet rédactionnel, et a nous de réflechir, avec vous, comment réarmer la mobilisation autour de vous…

A votre disposition, bon courage…

Oui . Je confirme , j’ y etais : cela est exactement ce qui s’est dit .

Merci et bon courage .

JJe n’ai pas pu venir à cette 1° rencontre.
Mais, dans l’urgence, pourquoi ne pas (tout en faisant une grande campagne de pub pour adhérer à la SLL), lancer auprès de ses adhérents un grand appel à souscription et dons ?
C’est peut-être idiot et à des années lumières des problèmes financiers de Libé, mais cela permettrait de renforcer les liens entre le journal et son lectorat.
Par ailleurs, est-il prévue une AG de la SLL pour élire un CA qui devrait être composé de lecteurs mais aussi de représentants des salariers du journal ?

y aura t’il des réunions de même type dans d’autres grandes villes régionales, ( je réside moi même à Nantes ), peut on avoir une indication de répartition géographique des adhérents ( poids par région )

quand on donne à manger au diable, faut veiller à ce que le manche de la cuillère soit suffisamment long…..vieil adage que vous n’avez pas eu la prudence de respecter !
chez les Rothschild ce que l’on aime c’est le MOUTON !
amitié à tous !
créez des partenariats avec la presse locale qui deviendra un peu nationale et Libé un peu régional !
Ces échasges devraient susciter des adhésions car mettre le nez dans la gestion des régions, départements et monde rural ce serait un beau travail de salubrité publique.
Nous sommes dans une situation quasi monarchique avec ses castes de privilégiés à tous les niveaux avec des élus centenaires …ou presque !
l’exploit s’est de rester maire ou CGal des décennies !!!!!!!!!idem député et sénateur ! à dénoncer grave !

@ JP Leconte
Oui, nous allons organiser des réunions un peu partout en France grace à nos correspondants. A Nantes, c’est Nicolas de la Casinière qui s’en occupe.

@ Thomas et Philippe Voiron
On réfléchit naturellement à une souscription. Pour l’instant, beaucoup de lecteurs ne sont effectivement pas conscients du risque de faillite et de disparition du titre. Jusqu’à présent, nous n’avions pas voulu dramatiser la situation dans la mesure où Rothschild avait promis de remettre de l’argent. Maintenant, la situation risque effectivement d’évoluer.

Bonjour.

Tout le monde n’est pas obligé de lire Libération tous les jours. Aussi, je viens de lire qu’une réunion vient d’avoir lieu sur Paris.
Il faudrait trouver un système afin d’informer la tenue de ces réunions.
Bon courage.

QUE VIVE LIBE : Après avoir participé à cette première rencontre des lecteurs parisiens de LIBE,je souhaite de tout coeur que continue de vivre libé.Un quotidien nouvel formule pourquoi pas…J’ai en mémoire ce libé et ses petites annonces reservées aux taulards…Je ne vais pas énumérer les quelqus griefs à ‘égard du quotidien tant aimé…Mais pourquoi pas re-lancer les fameux comités libé du début,dans chaque ville…Bon LIBE n’est malheureusement pas le seul quotidien mal en point, elle est déjà bien trop longue cette liste des journaux qui sont au cimetière des disparus…Alors oui, le travailleur social que je suis, le citoyen engagé auprès des plus démunis souhaite pleinement que VIVE LIBE et la S.L.L.Bon vent et bon courageà toute l’équipe.