Nouveau conseil de surveillance
- 20 February 2007
A la suite d’un conseil d’administration qui s’est tenu hier, Laurent Joffrin a annoncé ce matin, dans les pages de Libération, quelle sera la future équipe de direction de la société. Libération devient une société avec directoire et conseil de surveillance. Le directoire sera composé de trois personnes. Outre Laurent Joffrin, on trouvera Denis Pierrard, un ex-dirigeant de la Libre Belgique, qui occupera la fonction de directeur général. Le dernier membre du directoire n’est pas encore connu.
Le conseil de surveillance sera composé de:
Agnès Touraine (présidente): ex-dirigeante de Vivendi Universal, et présidente d’un cabinet de conseil, elle représente les intérêts d’Edouard de Rothschild.
Edouard de Rothschild: premier actionnaire de Libération
Guillaume Hannezo (vice-président): ex-directeur financier de Vivendi Universal et associé-gérant de la banque Rothschild
Lionel Zinsou: associé-gérant de la banque Rothschild
Carlo Carraciolo: deuxième actionnaire de Libération, ex-président de l’Espresso (la Republicca)
Carlo Perrone: actionnaire du groupe de presse Mercurio
Bernard Guetta: chroniqueur à France Inter et à la Republicca, ex-directeur de la rédaction du Nouvel Observateur
Valérie Bernis: directrice de la communication de Suez
François Le Hodey: administrateur général de la Libre Belgique
Vittorio de Filippis: gérant de la Société civile des personnels de Libération
Et Bernard-Henri Lévy.
Rien concernant un représentant de la Société des lecteurs. Les discussions à ce sujet sont toujours en cours.



Bonjour,
merci pour ce courriel, nettement plus explicatif et précis que le texte de Laurent Joffrin dans “Libé” de ce mardi matin.
Bon, si on reprend cette liste de bons copains qui vont “surveiller” Libération, on trouve donc:
- trois représentants d’Edouard de Rotschild, dont deux aux principaux postes : Guillaume Hannezo (ancien directeur financier de Jean-Marie-Messier-moi-même-maître-du-monde, un vrai gage de rigueur financière, donc); Agnès Touraine (elle était pas, elle aussi, chez Vivendi du temps de Messier ?) et Lionel Zinzou (rien trouvé sur ses exploits présents ou passés).
- la dircom de Suez (Valérie Bernis)
- deux néo actionnaires italiens (Carlo Caracciolo et Carlo Perone)
- Vittorio de Filippis (au nom de la SDJ de Libé ?).
- un philosophe millionnaire toujours de gôche, BHL (il suffit de lire ses bloc-notes dans l’hebdo de la gauche radicale “Politis” pour s’en convaincre. ah, pardon, c’est bien avec un “P”, mais il semblerait qu’il écrivasse dans l’hebdo Le Point, ami de Sarkozy et ennemi des fonctionnaires).
- François Le Hodey (de la “Libre Belgique”, celui qui estimait que le plan social pour “Libé” était pas suffisant et prônait plus de 100 licenciements).
- Edouard de Rotschild (monsieur le comte, “ami de Nicolas Sarkozy” comme le précise Wikipédia).
- et donc, Bernard Guetta. et d’ailleurs à quel titre le “oui-oui” du référendum sur la constitution européenne sur France-Inter siège-t-il ? pour son ex rôle au Nouvel Obs sous Joffrin, pour ses chroniques à la Repubblica ?
En tout cas, j’ai du mal à voir dans cet aéropage de la haute finance (hormis de Filippis et Caracciolo) des gens susceptibles, comme le précise Laurent Joffrin dans “Libé” ce matin, de “mettre en oeuvre la stratégie éditoriale - oui, oui, bien EDITORIALE - et financière qui rendra à Libération son rôle de grand quotidien de gauche”… à moins d’apprendre que, tel Lionel Jospin, tous ceux-là ne sont que des taupes trotskistes qui n’attendaient que d’arriver au conseil de surveillance de Libé pour refaire du journal un brûlot gauchiste.
Enfin, et surtout, comme vous le soulignez, pas trace là-dedans d’un représentant de la société des Lecteurs. Y en aura-t-il un, comme le prônent les deux co-présidents provisoires dans leur courrier du 2 février ? Ou la société des lecteurs sera-t-elle réduite à n’être qu’une vache à lait juste bonne à “prendre une participation dans le capital” sans avoir droit au moindre regard sur l’utilisation dudit capital ?
Enfin, pourrait-on en savoir plus sur le profil du nouveau directeur général, Denis Pierrard (il a bossé dans l’imprimerie ais-je cru comprendre ?)