Compte-rendu paru dans Libé

  • Ecrit par NCo
  • 16 April 2007

Société des lecteurs : des idées pour Libé
Débats et propositions lors de l’assemblée générale qui a réuni 200 personnes.

Par Gérard Lefort et Sybille Vincendon

Une société des lecteurs est un outil dont il existe peu de modèles. Pour sa première assemblée générale qui a réuni environ 200 personnes samedi à Paris, la Société des lecteurs de Libération a inventé le sien. Au vu du résultat, la méthode était bonne. C’est à la fois un lieu de débat et de proposition pour Libération qui a pris forme. Libération est-il assez inventif, assez surprenant ? Arthur Jatteau, 22 ans, en doute. Le micro à la main, il évoque la compilation des meilleures unes de Libé publiée chez Plon il y a quelques années. Et il lui semble que ce n’est plus ça. «A la limite, dit-il, le Libération que j’aurais envie de lire, c’est celui que je n’ai pas connu, celui d’avant 1981.» Un cinquantenaire se lève pour lui répondre, pour plaider que «non, Libération n’a rien perdu. Ce journal a changé, comme la société a changé, comme les mouvements sociaux ont changé et c’est très bien comme ça». Il se tourne vers Arthur : «Vous évoquiez la manière dont Libération avait traité le mouvement anti-CPE l’année dernière et vous disiez que ça, ça vous avait plu. Eh bien, cette lutte-là, elle aussi a changé, avec le rôle qu’a joué Internet par exemple, et Libération en a très bien rendu compte.»
Le référendum sur le traité constitutionnel européen arrive vite dans les propos. Dans la salle, certains ont voté non et se sont sentis insultés par l’éditorial de Serge July au lendemain du résultat. Des jeunes, surtout. C’est un échantillonnage complet de la gauche qui semble présent dans la salle. On questionne les salariés de Libération sur le rôle des actionnaires, et en particulier d’Edouard de Rothschild : intervient-il sur la ligne ? Les journalistes présents répondent que non à leur connaissance, et qu’il n’y a d’ailleurs pas ce qu’on pourrait appeler une ligne éditoriale. Ce journal est celui de toutes les gauches, dit un lecteur. «S’il suit une ligne, c’est une ligne brisée», poursuit un autre.
L’innovation du Contre-Journal, peut-être, mais «pourquoi publiez-vous des contributions anonymes ? Pourquoi acceptez-vous de donner la parole à tous ces gens qui soutiennent Sarkozy ?» Le côté zapping et désordonné des interventions sur le Net leur paraît difficile à retranscrire tel quel sur le papier. Faut-il un médiateur ? «Non, dit l’un d’eux, Mickael Garnier-Lavalley. C’est artificiel.» La rubrique telle qu’elle existe dans d’autres journaux lui tombe des mains. Les journalistes de Libération plaident le droit au laboratoire, aux essais. Les lecteurs sont d’accord, en redemandent même. Comme Thomas Heams : «Pourquoi ne faites-vous pas des tables rondes avec des lecteurs, des inconnus ? Quand on prend son temps pour réfléchir à plusieurs, on peut sortir quelque chose d’intéressant.»
Lecteurs attentifs, ils décortiquent l’idée des «invités» qui interviennent au cours d’un numéro du journal, comme l’ont fait Ségolène Royal, François Bayrou, la chanteuse Diam’s ou Olivier Besancenot ces jours-ci. Ils ont parfaitement vu la différence entre ceux qui passent en coup de vent parce qu’ils sont en campagne, et ceux qui prennent le temps. La salle cite Starck ou Huppert, invités de Libération par le passé et qui avaient tous deux préparé leur travail. Une participante, Claire Monod, salue le récent numéro fait par les écrivains à l’occasion du Salon du livre. Cinq heures de débat, un samedi de soleil, offerts à Libération. •
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Commentaires

“Les lecteurs en redemandent” écrivez-vous;
Alors, fidèle lecteur de LIBE depuis son premier numéro (ce qui ne fait pas de moi un “jeunot” bien que demeurant sain de corps et d’esprit) c’est en ma “qualité” d’ancien maquisard que je vous écrit. Celà vous permettra sans doute, selon votre souhait de “décortiquer l’opinion d’un invité”.
Parce que je me suis bien battu en son temps avec d’autres armes que des mots contre le nazisme et ses complices français vous comprendrez sans qu’il soit nécéssaire que j’en rajoute, mes sentiments pour son appendice le Front National.(Merçi Sarko de l’avoir achevé !)
Mais parce que je suis tout aussi peu réceptif
à toutes les formes et idées d’extremisme de tous bords, je ‘ai pas davantage de tendresse pour l’extrème-gauche. Et en celà, je ne me différencie pas, contrairement à LIBE, de l’opinion de mes concitoyens qui se font une autre idée de la démocratie. A ce titre je suis profondément choqué, voire écoeuré par l’article de votre journaliste Pierre MARCELLE
dans Libé d’hier publiable nulle part ailleurs;
il s’élève contre l’idée, parce qu’elle vient de droite de suggérer la lecture dans les Lycées de la lettre d’adieu à ses proches de mon camarade de combat Guy Moquet. Ceci constitue une insulte à ce martyr et Il va de soi que les enseignants le ressentiront comme tel. Si cette idée soufflée dit-on à Sarko par Krouchner, avait eu pour origine un Olivier Besancenot ou une Marie-Georges Buffet sans doute aurait-elle reçu un autre acceuil mais voilà….
A la lecture de l’article complet de Marcelle qui ne fait pas dans la dentelle on a vite compris qu’il n’épargne rien la haine étant son ressort.
Il n’a pas fini d’avoir des nuits banches !!!
Celà ne m’empêchera nullement de demeurer un fidèle lecteur de Libé comme je fus en son temps celui de “COMBAT” mais je souhaite vivement que l’idéologie qui y est développée soit quelque peu contenue ce qui ne pourrait que l’aider à remonter la pente en retrouvant des lecteurs.